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Patrick DHEUR donne également des conférences . Il est l'invité de nombreuses tribunes internationales sur des thèmes artistiques et musicaux mais aussi philosophiques et religieux.
Son itinéraire d'artiste est indisociable de sa vie et de ses convictions humanistes
FESTIVAL DE L'ÉTÉ MOSAN o Original
Art et idées conjugués à Blesme
On pouvait légitimement attendre quelque chose d'exceptionnel
de la rencontre entre le pianiste Patrick Dheur et le journaliste Edmond Blattchen.
PERSONNE ne fut déçu à Biesme, pas même ceux qui espéraient une soirée au Château et ont dû se rabattre sur la petite église du village. Le public y fut un peu serré et confronté à une humidité moite, mais au moins à l'abri des foudres de la météo. Dheur et Blattchen, un même idéal les relie. Tous deux sont Rotariens à Liège, et leurs deux existences semblent toutes envahies des idéaux du Rotary: Service, Honneur, Amitié...
Dans l'interview qu'Edmond Blattchen a faite de Patrick Dheur à la manière de sa célèbre émission télévisée " Noms de dieux ", le journaliste a permis au pianiste, qui est sans doute avant tout un homme de sons, de devenir un homme du verbe. Et avec quel brio ! Lorsqu'il parle de son piano, " son frère noir ", lorsqu'il se présente comme quelqu'un qui " a la chance d'exercer son art et de le faire partager, ce qui implique une respon
sabilité sociale ", Dheur se révèle un homme d'une profonde humanité, pétri de respect, un philosophe religieux, un homme de bien. Face au clavier, Dheur est tout aussi " humainement séduisant ". Il avait choisi Liszt après Franck et avant Chopin. Partout, il excelle. Mais le sommet, c'est la " Sonate en si mineur de Liszt ", ce monument du piano dont la légende disait jadis que seul Liszt était capable de la jouer. Cette sonate est une gageure : trente minutes nonstop, de la plus haute virtuosité. Une charpente rigoureuse, une construction thématique de génie, tout un travail où la technique le dispute à l'expressivité. Car il y a un message derrière cette débauche d'accords et d'arpèges. Un exemple parmi tant d'autres : il y a toute la symbolique de la première et de la dernière note, un " si " tout seul, bref, sec, qui est comme la palpitation d'un coeur en émoi. Face à cette oeuvre qui déchaîne toujours les torrents de la littérature, Dheur est éblouissant. Il serait parfait s'il accordait parfois aux silences dont Liszt parsème ici et là sa partition, une vraie valeur de respiration : on s'essouffle parfois à le suivre.
Sans conteste, une des plus belles soirées que le Festival nous a offertes depuis de nombreuses années.
Nicole DOKENS
Patrick Dheur et Edmond Blattchen au Festival de l'Ete Mosan (Belgique)
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